Histoire du conflit israélo palestinien

 

Partie 1

« De l’Empire Ottoman à la Seconde Intifada »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sommaire

 

 

I.                 Contexte

a.      Empire Ottoman

b.      Russie

c.      Palestine à la fin du XIXème siècle

 

II.               Texte législatifs

a.      Accords Sykes Picot

b.      Déclaration Balfour

c.      Conférence San Remo

 

III.              Grande révolte Arabe

 

IV.              Bilan de la seconde Guerre Mondiale

a.      Affaire de l’Exodus

b.      Décision de l’ONU

 

V.               1948

 

VI.              Insurrections civiles

a.      Canal de Suez

b.      Guerre des Six Jours

c.      Guerre de Kippour

d.      Guerre du Liban

 

VII.            Résistance

a.      Fatah

b.      Hamas

 

VIII.          La Guerre des Pierres

e.      Première Intifada

f.       Seconde Intifada

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

a.      EMPIRE OTTOMAN

L’Empire ottoman a duré de 1299 à 1923 (soit presque 624 ans). Il a laissé la place, entre autres, à la République de Turquie, qui occupe une partie de son ancien territoire, ainsi qu'à de nombreux États souvent passés sous d'autres dominations avant les indépendances de la seconde moitié du XXe siècle.

Au XIXe siècle, l'Empire, surnommé « l'homme malade de l'Europe » diminue territorialement, mais entame un processus de modernisation afin de retrouver sa puissance et sa prospérité d'antan. Durant cette période, des pays européens tels que la France et le Royaume-Uni ont beaucoup influencé l'Empire ottoman. Ces dernières gardent un œil sur l’empire en attendant qu’il s’effondre.

En 1830, la Grèce, soutenue par les puissances occidentales, obtient son indépendance. L'Empire ne fait face à l'expansion de la Russie que parce que le Royaume-Uni et la France le protègent, notamment au cours de la guerre de Crimée. Protection coûteuse : la France s'empare de l'Algérie puis de la Tunisie, le Royaume-Uni de l'Égypte, indépendante de fait depuis le début du XIXe siècle.

La guerre de Crimée a révélé la faiblesse financière de l'empire : absence de vrai budget, irrégularité des rentrées fiscales, endettement croissant. Les finances et douanes de l'empire passent sous la tutelle de la Banque impériale ottomane, créée en 1863 et dirigée par un consortium franco-anglais.

L'Empire est incapable d'empêcher l'indépendance de plusieurs pays des Balkans, perdant de plus en plus de territoires en Europe. Dès janvier 1876, il est mis en difficulté par une insurrection bosniaque, qui se conjugue avec un vaste soulèvement en Bulgarie et dégénère en conflit militaire entre la Russie et l'Empire ottoman. Battue, la Turquie refuse de signer le protocole élaboré à Londres par les grandes puissances, ce qui inquiète les investisseurs.

En 1913, la défaite de la Seconde Guerre balkanique amène les Jeunes-Turcs (Parti Union et Progrès) au pouvoir. Leur volonté de relever l'empire les entraîne dans l'alliance avec l'Empire allemand. En 1914, ils déclarent la guerre à l'Entente, et entreprennent de grandes offensives vers l'Égypte et le Caucase. Ce sont des échecs : l'empire n'a pas les moyens de sa politique, il est ravagé par les épidémies et les famines. Des tensions internes apparaissent alors dans tout l'empire. La Grande révolte arabe a lieu entre 1916 et 1918. La rébellion est menée par Hussein ben Ali, chérif de La Mecque, afin de libérer la péninsule Arabique et de créer un État arabe unifié allant d’Alep à Aden. L'existence même de l'Empire est menacée aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur.

En 1915, le noyau du parti organise, sous le commandement du ministre de l'Intérieur, une politique de déportation et de massacre des Arméniens ottomans, politique appelée génocide arménien, faisant entre 800 000 et 1 500 000 morts. C'est également dans ce contexte troublé que, entre 1914 et 1920, a lieu le génocide assyrien causant la mort de 500 000 à 750 000 personnes ce qui représente environ 70 % de la population assyrienne de l'époque. Le génocide grec pontique fait lui entre 350 000 et 360 000 morts entre 1916 et 1923.

La Première Guerre mondiale achève son démembrement car l'Empire ottoman, allié aux Austro-Hongrois et aux Allemands, se trouve dans le camp des vaincus. À la suite du traité de Sèvres, ses territoires arabes (Syrie, Palestine, Liban, Irak, Arabie) sont placés par décision de la Société des Nations sous mandats britannique et français.

 

RUSSIE

La première vague de massacres désignés comme pogroms eut lieu entre 1881 et 1884. Alexandre III, qui succède à son père Alexandre II assassiné, met fin à la politique libérale de ce dernier. Conseillé par son ancien précepteur, il mène dès son avènement une politique réactionnaire et antisémite. Les Juifs sont rendus responsables de l'assassinat du tsar précédent. La politique du gouvernement au sujet des Juifs tient dans ce programme : « Un tiers des Juifs sera converti, un tiers émigrera, un tiers périra».

Les populations locales chrétiennes, soutenues et souvent incitées par la police du tsar, attaquent les communautés juives de la ville ou du village avec l'approbation des autorités civiles et religieuses. Aux destructions et pillages des biens des Juifs s'ajoutaient les viols et les assassinats. La troupe n'arrive souvent que trois jours après le début du pogrom. Le gouvernement russe utilise les pogroms pour limiter les droits économiques des Juifs et les expulser des villages.

En tout, la Russie a été pendant cette période le lieu de pogroms majeurs et 349 mineurs, qui auraient fait plus de 60 000 morts. Les pogroms ont une double conséquence : l'émigration massive de 600 000 Juifs au cours des vingt dernières années du XIXe siècle, vers les États-Unis essentiellement, et la création du mouvement sioniste.

 Les juifs sont désignés par le régime Tsariste comme cause de beaucoup de problèmes. On les massacre.

Pour échapper, ils fuient en Amérique ou restent pour s’engager. D’autres, une poignée, créaient le sionisme.

 

PALESTINE A LA FIN DU XIXème SIECLE

Milieu XIXème siècle, l’empire Ottoman remet en cause la manière ancestrale qu’avaient les paysans de pratiquer une agriculture communautaire et solidaire. Ils passent vers l’agriculture rentable et intensive. Pour cela, ils créent un cadastre. Ils divisent alors la terre en parcelles. Les terres qui n’ont pas de propriétaires seront gérées par l’Etat.

A savoir, si le paysan ne peut pas prouver qu’il cultive cette terre depuis 10 ans, il n’en sera pas considéré comme propriétaire. Or, les communautés villageoises évoluaient sur un mode de collectivité, les terres étant aussi collectives.

Ainsi, les paysans palestiniens ont rarement pu se faire inscrire dans le registre comme légitimes propriétaire. Aucune différence pour les paysans car ils continuent à travailler la terre. La seule différence apparait dans les registres du cadastre.

Quelques années plus tard, les Juifs achèteront ces terres « légalement ».

A la fin du XIXème siècle, la Palestine est une province de l’empire Ottoman et on y dénombre 500 000 habitants en Palestine.

A Jérusalem, les Juifs constituent la moitié de la population de a ville alors qu’ils représentent 5% de la population totale.

Tous sont sujets du Sultan de Constantinople.

1881 : L'assassinat du tsar Alexandre II marque le début de la première vague d’immigration juive. Des Juifs venus de Russie, de Roumanie, et du Yémen, viennent s’installer en Palestine. Le baron Edmond de Rothschild se met à acheter de la terre en Palestine et finance le premier établissement "sioniste" à Rishon LeZion (Le Premier à Sion). Arrivée des premiers émigrants juifs sionistes, les Amants de Sion

Les juifs, ashkénazes d'origine européenne et sépharades d'origine d'Espagne, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, sont de condition modeste et se concentrent dans des quartiers à Jérusalem, Hébron, Safed et Tibériade. Ils ne représentent au total qu'une minorité (hormis dans ces villes). La population arabe vit à 70 % dans des petits villages dans les collines, à proximité des sources et des puits, où, métayers, ils vivent d'une agriculture primitive. Les grands propriétaires terriens vivent dans les villes et, pour certains, à Beyrouth, Damas et Paris. C'est à eux, principalement, que les terres seront achetées, privant ainsi les métayers de leur outil de travail.

Dans les milieux ouvriers juifs socialistes européens, des quêtes sont organisées pour l'achat de terres en Palestine, des gravures d'époque présentent ces quêtes populaires. Le sionisme moderne est né dans les milieux juifs ouvriers qui influenceront directement le style de vie des nouveaux arrivants : une société proche des idéologies socialistes et des méthodes collectivistes soviétiques, en créant des collectivités semblables aux kolkhozes russes (coopératives agricoles de production qui avait la jouissance de la terre qu'elle occupait et la propriété collective des moyens de production), ou tout est mis en commun au service de la communauté. Dans les campagnes, ces collectivités appelées kvoutza, modernisées ensuite par le kibboutz et le mochav, coexistant avec un secteur privé.

Fin XIXème  siècle, ils sont 4500 colons Juifs en Palestine. Ils veulent travailler la terre, créer un Juif nouveau. Ce sont les Amants de Sion.

C’est le nom d'un mouvement juif populaire, social et national, qui fut actif entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle et dont le but était le renouveau du Peuple d'Israël, par le Retour vers Sion et la reconstruction de sa patrie. Le mouvement, baptisé au début L'Amour de Sion, est fondé en Russie en 1881 par un médecin d'Odessa, à la suite d'émeutes antijuives, qui réveillent la fibre communautaire de certains et engendrent la naissance d'un mouvement populaire, organisé autour de l'idée du « retour vers Sion ». Le mouvement des Amants de Sion se répand dans tous les centres juifs du monde entier. En Europe centrale et occidentale, il prend une forme plus culturelle. C'est cette même partie de l'Europe qui s'engage dans la lutte contre l'assimilation ; c'est elle aussi qui pose les jalons du Mouvement sioniste politique sur la scène duquel arriva Theodor Herzl.

Théodore Herzl. 1897 : premier congrès sioniste. Ils vont acheter des terres en Palestine. Il se donne 50 ans. Il crée un Fond national = banque

Le Fonds national juif (FNJ) ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL), en hébreu, littéralement : « fonds pour la création d'Israël », est un fonds qui possède et gère plusieurs centaines de milliers d'hectares de terres en Israël. Fondé en 1901 en tant que fonds central du mouvement sioniste, il s'occupa du rachat de terres en Palestine et de la préparation des futurs pionniers sur le terrain. Il est connu pour avoir planté de nombreuses forêts. Le rachat des terres est un élément essentiel du projet sioniste, et de fait, favorise l'immigration et l'intégration des pionniers. Le KKL s'occupe également de l'assainissement des terrains marécageux.

Les Juifs achètent toutes les terres possibles. Une clause précise que la terre achetée doit être livrée vide d’habitants.

Le premier film sur la Palestine date de 1896. Le film montre une ville arabe comme les autres.

Le premier Kibboutz est créé en 1909. C’est un village vendu et reconstruit ; seul le nom est modifié. Tout y est mis en commun, tout est partagé entre Juifs. Les kibboutz sont des villages collectivistes et dirigé par l’assemblée générale de tous ses membres. Tout y est mis en collectif sauf le logement qui est privé.

En 1910 les Juifs représentent 8% de la pop.

 

THEODOR HERZL

Fondateur du mouvement sioniste au congrès de Bâle en 1897, il est l'auteur de Der Judenstaat (« L'État des Juifs ») en 1896 et fondateur du Fonds pour l'implantation juive pour l'achat de terres en Palestine. Il est l'un des premiers à mettre en place l'idée d'un État autonome juif.

En avril 1896, il se rend à Constantinople en Empire ottoman et à Sofia en Bulgarie pour rencontrer des délégations juives. À Londres, le groupe des Macchabées l'accueille froidement, mais il reçoit un mandat d'encadrement de la part des sionistes de l'East End de Londres. Au cours des six mois suivants, ce mandat est approuvé par toutes les organisations juives sionistes mondiales. Le nombre de ses partisans augmente alors nettement.

En mai 1901, il rencontre pour la première fois Abdülhamid II, le Sultan de l'Empire ottoman, pour négocier le don des terres de Palestine. Herzl propose d'effacer les dettes impériales en échange de la Palestine mais celui-ci lui répond : « Je préfère être pénétré par le fer que voir la Palestine perdue. »

Il reçoit en août 1903, par l'intermédiaire de Leopold Greenberg une offre de la part du gouvernement britannique afin de faciliter l'implantation d'une grande colonie juive de peuplement, avec gouvernement autonome et sous souveraineté britannique en Afrique de l'Est et connue sous le nom de Projet Ouganda.

Le 12 juillet 1903 il note dans ces carnets que l'État du Congo était suffisamment vaste pour accueillir son projet.

 

HUSSEIN IBN ALI

Première guerre mondiale : Le sultan de l’empire Ottoman ne contrôle plus grand-chose et il est forcé de rentrer en guerre aux cotés de l’Allemagne contre la France et l’Angleterre. Erreur qui lui sera fatale.

Pour vaincre les Turcs, les anglais et les français promettent au grand royaume arabe à Hussein, shérif de la Mecque et roi de Hedjaz (actuelle Arabie Saoudite). Hussein lance alors la Guerre sainte.
Un autre homme va jouer un rôle, un agent secret britannique : le Colonel Lawrence, Lawrence d’Arabie.

Hussein ibn Ali  est un chérif de la Mecque jusqu'en 1924 et roi du Hedjaz de 1916 à 1924.

Durant la Première Guerre mondiale, il joua un rôle important en lançant la Révolte arabe et en s'alliant aux Britanniques et aux Français contre l'Empire ottoman. Lors d'une conférence de dirigeants arabes à Damas en mai 1915, il avait été reconnu comme le porte-parole de la nation arabe entière. []Il proclama l'indépendance du Hedjaz en 1916. C'est son fils, Fayçal, qui mena l'essentiel des combats devant mener à la prise de Damas par les Arabes, popularisés en Occident grâce à l'histoire de Lawrence d'Arabie. Le chérif de la Mecque est le titre anciennement donné par les musulmans au gardien des lieux saints de la Mecque et Médine (deux des trois lieux les plus sacrés de l'islam, avec Jérusalem).

Trahis par l'accord Sykes-Picot, ses deux fils montèrent finalement sur les trônes de Jordanie et d'Irak, alors que les lieux saints tombaient le 13 octobre 1924 sous le contrôle des Al Saoud du Nejd, qui fonderont en 1932 l'Arabie saoudite.

 

GAMAL ABDEL NASSER

Mort le 28 septembre 1970 au Caire, il fut le second président de l'Égypte de 1956 à sa mort. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des dirigeants les plus influents du XXe siècle.

Il intégra l'armée en 1938 et participa à la guerre israélo-arabe de 1948-1949. Déçu par la monarchie et souhaitant réformer la société égyptienne, Nasser fonda le mouvement des officiers libres qui renversa le roi Farouk en 1952.

La neutralité de l'Égypte durant la Guerre froide causa des tensions avec les puissances occidentales qui refusèrent de financer la construction du barrage d'Assouan. Nasser répliqua en nationalisant la compagnie du canal de Suez en 1956. Le Royaume-Uni, la France et Israël organisèrent une offensive pour reprendre le contrôle du canal mais furent contraints de se replier sous la pression conjointe des États-Unis et de l'Union soviétique.

Après la défaite de l'Égypte lors de la guerre des Six Jours en 1967, Nasser démissionna avant de renoncer du fait des manifestations demandant son maintien au pouvoir. Après le conflit, Nasser se nomma premier ministre, lança des attaques pour reprendre les territoires perdus, dépolitisa l'armée et promit une libéralisation politique.

THOMAS EDWARD LAWRENCE – LAWRENCE D’ARABIE

Une fois engagé, il est nommé au Caire, où il travaille pour les services de renseignements militaires britanniques. Sa très bonne connaissance des Arabes en fait un agent de liaison idéal entre les Britanniques et les forces arabes. En juin 1916, il est envoyé dans le désert afin de rendre compte de l’activité des mouvements nationalistes arabes. Durant la guerre, il combat avec les troupes arabes sous le commandement de Fayçal ibn Hussein, un fils d'Hussein ibn Ali (chérif de La Mecque) qui mène une guérilla contre les troupes de l’Empire ottoman. La contribution principale de Lawrence à l’effort britannique consiste à convaincre les Arabes de coordonner leurs efforts afin d’aider les intérêts britanniques. Il persuade notamment les Arabes de consolider leurs positions sur les côtes du Hedjaz, à Rabigh et Yenbo, et de ne pas chasser tout de suite les Ottomans de Médine, forçant ainsi les Turcs à conserver de nombreuses troupes pour protéger la ville. Les Arabes harcèlent le chemin de fer du Hedjaz qui approvisionne Médine, immobilisant davantage de troupes ottomanes pour protéger et réparer la voie et empêchant ainsi l'ennemi de disposer de renforts contre les Anglais dans le Sinaï puis en Palestine.

 

 

TEXTES LEGISLATIFS

 

ACCORDS DE SYKES PICOT

Les accords Sykes-Picot sont des accords secrets signés le 16 mai 1916, entre la France et la Grande-Bretagne (avec l'aval des Russes et des Italiens), prévoyant le partage du Moyen-Orient à la fin de la guerre (espace compris entre la mer Noire, la mer Méditerranée, la mer Rouge, l'océan Indien et la mer Caspienne) en zones d'influence entre ces puissances, dans le but de contrer des revendications ottomanes.

Le Moyen-Orient est découpé, malgré les promesses d'indépendance faites aux Arabes, en 5 zones :

zone bleue française, d'administration directe formée du Liban actuel et de la Cilicie ;

zone arabe A, d'influence française comportant le nord de la Syrie actuelle et la province de Mossoul ;

zone rouge britannique, d'administration directe formée du Koweït actuel et de la Mésopotamie ;

zone arabe B, d'influence britannique, comprenant le sud de la Syrie actuelle, la Jordanie actuelle et la future Palestine mandataire ;

zone brune, d'administration internationale comprenant Saint-Jean-d'Acre, Haïfa et Jérusalem. La Grande-Bretagne obtiendra le contrôle des ports d'Haifa et d'Acre.

 

DECLARATION BALFOUR

La Déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte adressée à Lord Lionel W alter Rothschild (1868-1937), publiée le 2 novembre 1917 par Arthur James Balfour, le ministre britannique des Affaires Étrangères. Par cette lettre, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national juif. Cette déclaration est considérée comme une des premières étapes dans la création de l'État d'Israël. Pour les arabes de Palestine, la déclaration Balfour est le premier déclic. 

« Cher Lord Rothschild,

J'ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l'adresse des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui.

Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.


Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.

Arthur James Balfour »

 

CONFERENCE DE SAN REMO

En 1920, lors de la Conférence de San Remo et dans le mandat donné aux Britanniques sur la Palestine en 1922, les alliés redéfinissent les frontières de la région en la scindant en quatre mandats dont celui de Palestine qui comprend les territoires situés entre la mer Méditerranée et le désert de Syrie, territoires correspondant aujourd’hui à Israël, à la Cisjordanie, à la bande de Gaza et à la Jordanie. En 1923, lors de l’officialisation du mandat sur la Palestine, et avec la volonté de respecter les promesses formulées envers Hussein ibn Ali et le mouvement sioniste, les Britanniques scindent la région en deux parties : la « Palestine » à l’ouest du Jourdain, destinée à accueillir un « foyer national juif » tout en respectant les droits de la population locale et l’" Émirat hachémite de Transjordanie" à l’Est.

La conférence de San Remo est une conférence internationale qui a eu lieu du 19 au 26 avril 1920 à San Remo, en Ligurie, dans le nord-ouest de l'Italie.

Un comité supérieur, composé de représentants britanniques, français, italiens, grecs, japonais et belges, s'y réunit afin de fixer le sort des provinces arabes de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, et de préparer les conditions du traité de paix avec la Turquie prévu pour le mois d’août de la même année, à Sèvres.

Le 24 avril 1920, le Comité supérieur place la Palestine sous un mandat du gouvernement britannique. Les Français reçurent un mandat sur la Syrie et le Liban. Les décisions relatives aux territoires ottomans font l'objet du traité de Sèvres. La Société des Nations a confié à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine pour aider les Juifs à « reconstituer leur foyer national dans ce pays ».

En 1922 : la Syrie et le Liban sont confiés à La France par la société des Nations.
L’Irak est mis sous mandat britannique et donné à Fayçal, fils d’Hussein.

Pour son frère ainé Abdallah 1er, on crée un nouvel émirat en Transjordanie. La Palestine est comprise dedans et les termes de la déclaration Balfour sont appliqués. Il y aura donc un foyer national Juif en Palestine.

Les Anglais restent 30 ans en Palestine.

 

 En 10ans, la colonie reçoit 100 000 immigrants juifs. 18% de la pop globale.
Le 25 avril 1920, la Société des Nations donne à la Grande-Bretagne mandat sur la Palestine. En août de cette même année, le gouvernement britannique fait savoir que 16 500 juifs sont autorisés à immigrer par an.

Dès lors, et sous mandat britannique, les flots abusifs des immigrants sionistes vinrent grossir les rangs juifs en Palestine. Les Palestiniens s’opposèrent à l’invasion de leur patrie mais les anglais étouffaient toute résistance, ne faisant, en contre-partie, aucun effort efficace pour arrêter l’immigration juive diluvienne. En 1925 déjà le nombre de 16 500 est bien dépassé et on compte 33.801 immigrants, soit 3,5 % de la population et en 1935: 60 000 immigrants, soit 4,7% de la population.

Les envahisseurs sionistes se mirent immédiatement à grignoter, sous le mandat britannique, les terrains appartenant aux palestiniens, portant ainsi atteinte aux droits des collectivités non-juives vivant en Palestine.

 

En 1929 les arabes commencent à se rebeller. Pour la commémoration du 12ème anniversaire de la Déclaration Balfour, les arabes font une grève générale.

Les britanniques annoncent alors qu’il n’y a plus de place en Palestine pour une immigration massive.

1933 : en Allemagne Hitler accède au pouvoir

Les premières mesures anti juives provoquent alors une vague d’immigration. Ils viennent d’Allemagne et d’Europe centrale.

En 1935, 65000 juifs immigrent en Palestine. C’est plus de Juifs qu’il n’y avait dans tout le pays 20 ans plus tôt.

 

LA GRANDE REVOLTE ARABE

En 1936 la révolte arabe explose. Tout le monde se révolte contre l’occupation britannique et l’immigration juive. Grève générale de 6 mois. La révolte se durcit, vague d’attentats contre les sionistes et les britanniques. La révolte dure 3 ans.

Les noms de Grande Révolte arabe, ou de Révolte arabe, désignent la rébellion des Arabes palestiniens pour la création d'un État indépendant en Palestine mandataire qui se produisit de 1936 à 1939. Elle était dirigée contre l'autorité mandataire britannique, les partis arabes la soutenant et contre l'immigration juive. Elle ne doit pas être confondue avec la Grande Révolte arabe de 1916-1918 où les Arabes de la péninsule d'Arabie se révoltèrent contre l'autorité ottomane avec le soutien britannique.

La Palestine est depuis 1922 sous mandat britannique. Si l’organisation sioniste s’est affirmée politiquement avec la création de l’Agence juive en 1929, chargée de représenter la communauté juive auprès de la Puissance mandataire, les Arabes palestiniens peinent à mettre en place une formation politique unique. En proie à des antagonismes claniques et familiaux, les mouvements nationalistes arabes sont divisés, au début des années 1930, en plusieurs formations rivales. Le parti de la défense nationale, créé en 1934, envisage une plus grande coopération avec la Grande-Bretagne et la Transjordanie. La Grande-Bretagne est par ailleurs accusée de faciliter l’arrivée des Juifs dans le pays et le rachat des terres par les sionistes.

L’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne en 1933 entraine une nette accélération de l’immigration juive vers la Palestine. Environ 135 000 immigrants rejoignent la Terre sainte entre 1932 et 1935, multipliant par six le nombre de Juifs dans le pays. Cette arrivée massive de personnes et de capitaux juifs ainsi que l’annonce par le sioniste Ben Gourion (1886-1973) de leur volonté de former un Etat juif en Palestine, accentuent les craintes des Arabes palestiniens. En 1935, Izz al-Din Qassam, un prédicateur musulman d’origine syrienne mais vivant à Haïfa, prend les armes avec un groupe de partisans contre les Juifs et les Britanniques. Il est tué le 20 novembre par les Anglais. Son action et sa mort marquent fortement les Palestiniens qui le présenteront comme le premier martyr de la cause arabe palestinienne.

Le 15 avril 1936, dans ce contexte troublé, deux Juifs sont tués dans la région de Naplouse par des extrémistes arabes. Ce double assassinat pousse un groupe de Juifs radicaux à ôter la vie à deux Arabes. Trois jours plus tard, neuf Juifs sont abattus vers la ville de Jaffa. Les autorités britanniques décrètent immédiatement l’état d’urgence et imposent un couvre-feu. Cependant, les violences s’intensifient et une grève générale s’organise dans tout le pays. Les produits anglais et sionistes sont également boycottés. Le 25 avril, les différents partis nationalistes forment un comité suprême présidé par le Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini (1895-1974).

D’origine urbaine, la révolte s’étend aux milieux ruraux à partir du mois de mai. Des combattants syriens viennent également lutter aux cotés des Palestiniens. Face à ce soulèvement, la Grande-Bretagne fait savoir qu’elle étudiera les revendications arabes, par l’intermédiaire d’une commission, à condition d’un arrêt complet des violences. L’Irak, la Transjordanie et l’Arabie Saoudite appellent leurs frères du comité arabe suprême à mettre un terme à la grève et aux violences. Le comité suprême accepte alors d’arrêter la grève en échange de leur soutien pour la cause palestinienne.

Ainsi, après des mois d’investigations, la commission d’enquête dirigée par lord Peel fait connaître ses positions le 7 juillet 1937. Constatant que les Juifs et les Arabes ne peuvent vivre ensemble, la commission propose d’établir un plan de partage de la Palestine en deux Etats : la Galilée et la majeure partie du littoral formeraient un Etat juif et le reste, annexé à la Transjordanie, reviendrait aux Arabes. Jérusalem et les Lieux saints resteraient alors sous protection britannique. Ce plan est rejeté par les Arabes et par certains sionistes. Les nationalistes de tous les pays arabes réclament la formation immédiate d’un Etat arabe indépendant qui garantirait les droits des minorités juives. L’échec du plan Peel relance la contestation arabe. Les Arabes considérés comme trop proches de la Puissance mandataire tel, que les Druzes, sont également pris pour cible. En août 1937, le commandant Andrew, gouverneur britannique chargé de la Galilée, est assassiné. Les Britanniques décident alors de radicaliser leur politique et répriment les notables nationalistes, arrêtant systématiquement les fauteurs de troubles. Fin 1938, les principaux chefs de la Révolte ont été emprisonnés ou contraints à l’exil. Amin al-Husseini réussit à rejoindre Beyrouth. La révolte de 1935-1938 a couté la vie à au moins 5 000 Arabes et a fait 2 000 blessés.

 

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques ont dû mobiliser d’importants contingents pour réussir à pacifier la région qu’ils ne considèrent pas prête à recevoir son indépendance. La Révolte de 1936-1938 a cependant favorisé la rédaction du Livre blanc de 1939 qui limite pour la première fois l’immigration juive en Palestine et réglemente le transfert des terres arabes aux Juifs, rassurant ainsi une partie de l’opinion arabe.

Son échec militaire aboutit au démantèlement des forces paramilitaires arabes et à l'exil de ses leaders. Il provoque le renforcement des forces paramilitaires sionistes, notamment avec le soutien des Britanniques, ainsi qu'une scission en leur sein, l'Irgoun considérant qu'il ne faut plus seulement se défendre contre les attaques arabes mais leur répondre.

L'adoption par les britanniques du Livre blanc de 1939, qui impose l'arrêt de l'immigration juive en Palestine et promet l'indépendance de la Palestine dans les 10 ans est une victoire politique arabe partielle mais elle augmente encore le ressentiment de la communauté juive.

En 1939 : les anglais organisent une conférence pour la Paix. Ils veulent s’assurer le soutien de leurs alliés arabes, en évitant de rompre avec les Juifs. Conclusion : le 17 mai, les anglais propose un livre Blanc qui gère l’immigration juive et prévoit de la soumettre à l’accord des arabes. Les sionistes sont furieux.

Les Juifs sont formés aux armes. Ils construisent petit à petit.

 

BILAN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

En 1945, le monde apprend l’ampleur du génocide.  Beaucoup de Juifs ne veulent pas retourner dans leur pays d’origine du fait de la situation au Moyen Orient. Les sionistes leur offre une nouvelle vie.

En 1946, il y a 500 000 Juifs en Palestine. Ils ne parlent dès lors plus de foyer national mais d’indépendance.

Ben Gourion se tourne vers les USA, vainqueur de la guerre.

Après la mort de Roosevelt, Harry Truman accède à la présidence. Il souscrit au programme sioniste et, aux objections de quatre ambassadeurs américains en pays arabes, il répond:

« Désolé Messieurs, des centaines de milliers souhaitent ardemment le succès du sionisme; je n’ai pas des centaines de milliers d’arabes parmi mes électeurs ».

En juillet 1945, Truman intervient auprès du gouvernement britannique pour accorder aux juifs 100.000 certificats d’immigrations.
En août 1945, Ben Gourion réclame la création d’un État juif.

 

Les Juifs s’en prennent alors aux Anglais. On assiste à de multiples attentats. Les anglais font alors la chasse. Pendant ce temps, beaucoup de bateaux d’immigrés Juifs essayent d’accéder à la Palestine. Certaines coulent, d’autres se font prendre, mais beaucoup y arrive.

Le 29 novembre 1974, l’assemblée Générale de l’O.N.U. vote pour le partage de la Palestine en trois zones: palestinienne, sioniste et neutre (Jérusalem et les Lieux Saints).

La réaction des arabes a été immédiate et violente, et des manifestations de protestations sont organisées dans tous les pays arabes. En Palestine-même, les Palestiniens n’étaient pas remis de l’insurrection de 1936-1939 à cause des nombreuses pertes en vies humaines, de l’exil de leurs chefs et de la confiscation de la presque totalité de leurs armes par les Anglais. Ils ne pouvaient donc résister aux juifs, organisés et bien armés, qui intensifiaient leurs actes terroristes pour les obliger à quitter le pays. Des attentats sont perpétrés, dans tous le pays, notamment à Jérusalem, Haïfa, Jafa, Safad etc. Les juifs détruisent ponts, maisons, boutiques, dépôts… appartenant aux palestiniens.

Les anglais sont pris au piège. Ils ne peuvent réprimer la révolte Juive sans être taxés d’antisémitisme.

Conférence à Londres : la Palestine est difficile à gérer pour les anglais et soumise alors à l’ordre du jour du Conseil de l’ONU.

Face à face, un sioniste et un palestinien sont conviés à parler devant la tribune de l’ONU. Un discours chacun, même temps de paroles.

Commission d’enquête de l’ONU : affaire de l’Exodus.  Bateau arrêté par les anglais avec 4500 juifs immigrants à bord au large de Gaza. Les anglais sont fermes, ils renvoient tout le monde en Allemagne.

 

AFFAIRE DE L EXODUS

Exodus 1947  est un bateau qui transporta en 1947 des Juifs émigrant clandestinement d'Europe vers la Palestine, alors sous mandat britannique. Le bateau quitta le port de Sète en France, le 11 juillet 1947.

Beaucoup de ces émigrants étaient des réfugiés survivants de la Shoah. Ils n'avaient pas de certificat légal d'immigration pour la Palestine d'autant que les Britanniques limitaient l'immigration juive dans ce pays.

La marine royale britannique s'empara du navire, et renvoya tous ses passagers dans la zone sous contrôle britannique en Allemagne.

De nombreux passagers entament une grève de la faim. La dureté de la répression anglaise aura une grande influence sur la future reconnaissance de l'État d'Israël.

DECISION DE L’ONU

Il faut mettre un terme au mandat britannique. La question est maintenant de savoir à qui revient ce territoire. 

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies vote le partage de la Palestine entre un État juif, un État arabe et fait de Jérusalem et de sa région une ville internationale.

 

Jérusalem aura un statut international et ne fera partie d’aucun des 2 états.
Les juifs auront plus de la moitié du territoire alors qu’ils ne constituent que le 1/3 de la population.

Tous les délégués arabes sont furieux et critiquent la décision. Ils défendent les arabes de Palestine et répondent que si les européens se sentent coupables du génocide juifs, alors qu’ils leurs donnent un terre en Europe.

La résolution est adoptée par 33 voix contre 13 et 10 absentions.

Le lendemain les arabes se révoltent. « Ce qui a été écrit en noir à New York sera effacé en rouge en Palestine ». Emeutes et attentats se succèdent. 7 morts dès le lendemain, 450 en 1 mois.

Ce n’est pas une émeute c’est la guerre qui commence.
 

Le mandat des britanniques se termine dans 6 mois, ils ne bougent donc pas.

 

1948

L'exode palestinien de 1948 fait référence à l'exode de la population arabe palestinienne qui se produisit pendant la Guerre israélo-arabe de 1948.

Durant cette guerre, entre 700 000 et 750 000. Arabes palestiniens fuient ou sont expulsés de leurs villes et villages et se voient refuser tout droit au retour sur leurs terres tant pendant qu'après la guerre tandis que plus de 90 % de leurs villages sont détruits.

Pour les palestiniens, la Nakba a eu lieu le 15 mai 1948. Nakba, (« le jour de la catastrophe »), désigne l’expulsion des Palestiniens, en 1948, de leurs villes et villages.

 Le 15 mai 1948, l'État juif déclare son indépendance sous le nom d'Israël avec la reconnaissance des États-Unis et de l'URSS.

Avant le départ des anglais, Ben Gourion achète des armes et décrète la mobilisation générale. Il veut élargir les frontières, il préfère attaquer plutôt que se défendre.

Deir Yassin était un village arabe palestinien situé à 5 km à l'ouest de Jérusalem dans la Palestine mandataire avec une population comprise entre 400 et 1200 habitants en 1948. Le village tient son nom de la présence de la mosquée d'un Cheikh Yassin dans le village.

Le 9 avril 1948, il fut pris par l'Irgoun et le Lehi, qui y commirent un massacre et en chassèrent les habitants palestiniens.

 Les palestiniens et arabes fuient alors de leur village pour ne pas subir le sort des habitants de Deir Yassin. Commence alors  un immense exode vers Gaza et Beyrouth.  Ils laissent derrière eux des villes désertes.

Jusqu’ici les pays arabes ne bougent pas, submerger par l’afflux d’immigrés. Ils attendent la fin du mandat britannique et ils n’ont pas tous les mêmes intérêts.

Abdallah (de Transjordanie) négocie secrètement avec les Juifs. Il accède leur état si ces derniers doivent lui laisser le territoire promis à l’état Palestinien. 

Les présidents syrien et libanais et le régent d’Irak sont sûrs de la victoire et rentreront en guerre

Le 14 mai 1948 : départ du dernier Haut-Commissaire britannique

L’après-midi même : Ben Gourion proclame l’indépendance d’Israël.

Quelques heures plus tard, à l’aube du 15 mai, les armées arabes venues d’Irak, Egypte, Liban, Transjordanie et Syrie entrent en Palestine.

Ils promettent le renvoi des sionistes et le retour des réfugiés.

Le 20 mai, aux Nations Unis, Jamal Bey Husseini, du Haut Comité Arabe pour la Palestine, refuse le cessez le feu. Il précise que les pays arabes défendent les palestiniens et qu’ils ont agi pour eux.

Le 15 mai 1948, lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël par David Ben Gourion, afin de soutenir les Palestiniens et par crainte que l’Etat d’Israël ne menace l’équilibre régional, les armées égyptienne, syrienne, irakienne, jordanienne et libanaise déclarent la guerre à Israël. Les combats sont menés au nord par l’armée syrienne et au sud par l’armée égyptienne, qui prend la région de Gaza et le Néguev au sud. A Jérusalem, l’armée jordanienne conquiert les quartiers juifs de la vieille ville le 28 mai. Quant à l’armée irakienne, elle occupe la région de Jenine et de Naplouse. Un cessez-le-feu est néanmoins signé le 11 juin 1948 à la suite de l’arrivée du médiateur envoyé par l’ONU, le comte Folke Bernadotte. Ce moment est mis à profit par les deux camps pour reconstituer leurs forces humaines et matérielles (Israël reçoit notamment des armes soviétiques), avec un avantage certain pour Israël. Les combats reprennent le 8 juillet 1948 et sont marqués par les victoires de l’armée israélienne. Tsahal prend la Galilée et la région de Jérusalem, puis à la suite d’un nouveau cessez-le-feu signé le 18 juillet, les combats reprennent le 15 octobre. Dans le Néguev, l’armée israélienne bat l’armée égyptienne et les combats cessent le 7 janvier 1949. La légion arabe jordanienne quant à elle conserve la Cisjordanie.

A la suite des combats, des négociations sont menées à Rhodes. Elles débouchent sur la conclusion de quatre armistices : israélo-égyptien signé le 24 février 1949, israélo-libanais le 23 mars, israélo-jordanien le 3 avril et israélo-syrien le 20 juillet. Ils portent principalement sur des questions territoriales. Sur le plan territorial, Israël, en plus de la partie issue du plan de partage de l’ONU, garde les territoires acquis pendant la guerre, occupant ainsi 78% de la Palestine : Israël se compose alors de la Galilée, de la côte jusqu’à Gaza, de Jérusalem ouest et du Néguev en totalité. L’Egypte administre la bande de Gaza, quant à la Transjordanie, elle occupe Jérusalem-Est et annexe la Cisjordanie le 24 avril 1950 à la suite du vote du Parlement jordanien.

 

Le 11 juin, le comte Folke Bernadotte, un médiateur suédois de l’ONU arrive a imposer une trêve.  En parcourant le pays, il découvre les villages arabes détruits et l’ampleur de l’exode palestinien.  Les rapports qu’il adresse à l’ONU inquiètent beaucoup les israéliens.

Yitzhak Shamir, commandant du groupe Stern donne l’ordre de l’assassiner. Yitzhak Shamir deviendra plus tard premier ministre Israélien de 1983 à 1984 et de 1986 à 1992. Yitzhak Shamir suit la faction la plus militante, dirigée par Avraham Stern, plus tard surnommé groupe Stern, ou Lehi, faction qui souhaitait réorienter la lutte armée contre les Britanniques, et ce à la suite de la publication par ceux-ci en 1939 d'un Livre blanc sur la Palestine qui indiquait « le gouvernement de Sa Majesté déclare aujourd’hui sans équivoque qu'il n'est nullement dans ses intentions de transformer la Palestine en un État juif ». Au sein du groupe Stern, Yitzhak Shamir se fait appeler Michael, nom de guerre qu'il a choisi en hommage à l'Irlandais Michael Collins, leader historique de l'IRA en lutte contre les Anglais.

Israël étant très bien armé, à la fin de l’année, les armées arabes sont vaincues.

Jamal Bey Husseini s’exprimera pour la dernière fois en 1948 aux Nations Unis. La prochaine fois que qu’un représentant palestinien s’exprimera à l’ONU  sera Yasser Arafat en 1974, soit 26 ans plus tard.

 

Israël a donc conquis du territoire, et via le départ des palestiniens son peuple est quasi totalement Juif. Jérusalem sera coupée en deux, sa partie ouest passe sous domination jordanienne.

La bande de Gaza est mise sous contrôle égyptienne.
L’ONU ne créera pas de territoire palestinien mais des camps de réfugiés dans les pays arabes voisins. On dénombrera alors plus de 800 000 réfugiés.

Le 11 mai 1949 : Israël est admis à l’ONU. Hasard de l’alphabet, le fauteuil attribué à Israël se trouve entre celui du Liban et celui de l’Irak. Pendant que les délégués israéliens arrivent, les arabes quittent la salle en signe de protestation.

Pour être admis à l’ONU, Israël a pris l’engagement de permettre le retour de tous les réfugiés. Résolution qui ne sera jamais respectée.  Au contraire, une des premières lois appliquée en Israël est le fait de réquisitionner tous les biens dont les propriétaires sont décrétés absents.

Début  1950, Israël accueille 700 000 Juifs venus d’Afrique du Nord et du Moyen Orient.  Ces personnes sont considérées comme des traitres dans leur pas depuis 1948 et préfèrent quitter leur pays.

Il ne reste alors que 150 000 arabes dans l’état Juif. Pour eux ce sera l’administration militaire. Couvre-feu, censure, interdiction de circuler librement sans laisser passer. Ils sont citoyens israéliens mais leurs droits sont limités.

Les enfants de ces camps de réfugiés palestiniens prendront les armes et formeront l’OLP. Plus tard, la deuxième génération se soulèvera à son tour, ce sera l’Intifada.

Le 23 septembre 1948, le Haut comité se réunit à Gaza et proclame la formation du gouvernement arabe de toute la Palestine mais sans reconnaissance internationale.

 

YASSER ARAFAT

Dirigeant du Fatah puis également de l'Organisation de libération de la Palestine, Yasser Arafat est resté pendant plusieurs décennies une figure controversée de l'expression des aspirations nationales palestiniennes avant d'apparaître pour Israël comme un partenaire de discussions dans le cadre du processus de paix israélo-palestinien dans les années 1990.

Yasser Arafat représente alors les Palestiniens dans les différentes négociations de paix et signe les accords d'Oslo en 1993. Il devient le premier président de la nouvelle Autorité palestinienne et reçoit le prix Nobel de la Paix 1994 en compagnie de Shimon Peres et Yitzhak Rabin.

 

 

DAVID BEN GOURION 

Il est issu d'une famille juive sioniste. Son père, professeur d'hébreu, est membre de l'organisation les Amants de Sion. C’est un journaliste militant. Ben Gourion est un pseudonyme et signifie « Fils du Lion ».

Mort le 1er décembre 1973 à Sde Boker (Israël), est un homme politique sioniste, fondateur de l'État d'Israël. Ben Gourion est un des fondateurs du Mapaï, devenu par la suite le Parti travailliste israélien, qui a dirigé la communauté juive de Palestine (Yichouv) à l'époque du mandat britannique (1918-1948), puis l'État d'Israël durant les trois premières décennies de son existence.

Ben Gourion construit les bases d’un futur état. En 1939, il crée le Mossad, l’ancêtre des services secrets israéliens.  Au début cela sert à faire passer les Juifs en Palestine.

Le Mossad est né des survivances du SHAY, le service de renseignement de la Haganah, une milice juive clandestine chargée de la sécurité des habitants juifs en terre de Palestine depuis le début du XXe siècle. La Haganah (« défense » en hébreu) a notamment constitué le noyau dur de l’armée israélienne à la suite de la création de l’État d’Israël en mai 1948.

En juillet 1949, Reuven Shiloah, un proche collaborateur de David Ben Gourion, propose la création d’une institution centrale pour organiser et coordonner les services de renseignements et de sécurité. Le 13 décembre 1949, Ben Gourion autorise l’établissement de cet institut de coordination s’occupant du département politique et coordonnant les services de sécurité intérieure de renseignement militaires : le Mossad est officiellement né ce jour-là.

 

 

INSURRECTIONS CIVILES

 

CANAL DE SUEZ

La crise du canal de Suez est une guerre qui éclata en 1956 en territoire égyptien. Le conflit opposa l'Égypte et une alliance secrète, le protocole de Sèvres, formée par l'État d'Israël, la France et le Royaume-Uni, suite à la nationalisation du canal de Suez par l'Égypte.

Cette alliance entre deux États européens et Israël répondait à des intérêts communs : les nations européennes avaient des intérêts politiques, économiques et commerciaux dans le canal de Suez, et Israël avait besoin de l'ouverture du canal pour assurer son transport maritime.

Leur objectif est alors de renverser Nasser et de récupérer le canal. Les Protocoles de Sèvres stipulent :

« L'État hébreu attaquera l'Égypte le 29 octobre 1956 dans la soirée et foncera vers le canal de Suez. Profitant de cette agression « surprise », Londres et Paris lanceront le lendemain un ultimatum aux deux belligérants pour qu'ils se retirent de la zone du canal. Si l'Égypte ne se plie pas aux injonctions, les troupes franco-britanniques entreront en action le 31 octobre. »

Le 29 octobre, Israël envahit la bande de Gaza et le Sinaï et atteint rapidement la zone du canal. Comme convenu lors de l'accord de Sèvres, le Royaume-Uni et la France lancent un ultimatum aux belligérants leur enjoignant de se retirer chacun à plus de 15 km du canal. Nasser, dont la décision de nationalisation du canal avait été accueillie avec enthousiasme par la population égyptienne, rejette l'ultimatum et donne ainsi un prétexte aux forces européennes de s'allier à Israël pour reprendre le contrôle du canal et renverser le régime en place. Le 31 octobre, la France et le Royaume-Uni entament une vague de bombardements sur l'Égypte afin de forcer la réouverture du canal.

Au moment où l'armée israélienne s'empare de la presqu'île du Sinaï et atteint le canal de Suez, une mise en garde très ferme de l'Union soviétique stoppe l'offensive ; Israël doit se replier sur ses frontières de 1949. L'URSS menace la France, le Royaume-Uni et Israël d'une riposte nucléaire. L'OTAN rappelle à l'URSS qu'elle riposterait en ce cas. Les États-Unis, passifs jusque-là, exigent le retrait des forces occidentales pour désamorcer la crise.

L'Assemblée générale des Nations unies, réunie en session extraordinaire d'urgence du 2 au 10 novembre 1956, adopte des résolutions prévoyant l'intervention de la FUNU (Force d’urgence des Nations unies) dont le but est de remplacer les forces franco-britanniques à partir du 15 novembre 1956 afin de restaurer la paix ; ce fut la première opération multilatérale des Nations unies, qualifiée de « première génération ». Dès lors, les « Casques Bleus » étaient nés.

Après la guerre, la communauté juive d'Égypte (soit environ 75 000 personnes) présente depuis plus de vingt-cinq siècles doit quitter ce pays.

Le succès de Nasser avait donc été d'obtenir cette pression diplomatique des États-Unis et de l'Union soviétique pour pousser Israël à se retirer de la totalité du Sinaï. En échange, Israël obtint le maintien de Casques bleus de l'ONU dans le Sinaï pour veiller à garder cette frontière démilitarisée. L'Égypte avait également accepté de mettre un terme à la guérilla menée sur le sol israélien. Ainsi, la frontière israélo-égyptienne put connaître une période de calme.

 

GUERRE DES SIX JOURS

En 1966, l'Égypte et la Syrie signèrent une alliance militaire qui les engageait réciproquement dans le cas d'une guerre impliquant l'un des deux pays.

La guerre des Six Jours est la guerre que mena, du lundi 5 au samedi 10 juin 1967, Israël face à l'Égypte, à la Jordanie et à la Syrie.

Cette guerre fut déclenchée comme une « attaque préventive » d'Israël contre ses voisins arabes, à la suite du blocus du détroit de Tiran aux navires israéliens par l'Égypte le 23 mai 1967 (les Israéliens avaient préalablement annoncé qu'ils considéreraient cet acte comme un casus belli). Le soir de la première journée de guerre, la moitié de l'aviation arabe était détruite ; le soir du sixième jour, les armées égyptiennes, syriennes et jordaniennes étaient défaites. Les chars de l'armée israélienne bousculèrent leurs adversaires sur tous les fronts. En moins d'une semaine, l'État hébreu tripla sa superficie : l'Égypte perdit la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, la Syrie fut amputée du plateau du Golan et la Jordanie de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Plus symbolique encore que la défaite arabe fut la prise de la vieille ville de Jérusalem. Israël considère alors cette ville comme sa capitale, sans la reconnaissance de la plus grande partie de la communauté internationale.

En mai 1967, l'Égypte, qui procède à d'importants mouvements de troupes dans le désert du Sinaï, exige le départ des forces de maintien de l'ordre de l'ONU qui s'y trouvent depuis 1957 et signe une alliance militaire avec la Jordanie. Elle impose aussi le blocus du détroit de Tiran qui donne accès au port israélien d'Eilat. Après un mois d'incertitudes, Israël décide de lancer une attaque préventive aérienne et terrestre le 5 juin 1967 contre l'Égypte au sud. Israël demande par voie diplomatique à la Jordanie de rester neutre mais celle-ci rejette la demande. Suite au succès éclair dans le Sinaï, Israël attaque la Jordanie puis le 9 juin la Syrie sur le plateau du Golan.

Après six jours de combats, de nouvelles lignes de cessez-le-feu remplacent les anciennes, la Cisjordanie, la péninsule du Sinaï, la bande de Gaza et le plateau du Golan passant sous contrôle israélien. La navigation des navires israéliens par le détroit de Tiran est désormais assurée et Jérusalem, qui était divisée entre Israël et la Jordanie depuis 1949, passe entièrement sous contrôle israélien.

À l'issue de la guerre des Six Jours, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la Résolution 242 (1967) qui réclame la fin immédiate de l'occupation militaire. Cette résolution, fréquemment invoquée depuis dans les négociations de paix au Proche-Orient, reste encore inappliquée. Elle ne précise toutefois pas comment devraient être restitués les territoires dont elle demande l'évacuation par Israël, les territoires aujourd'hui dits « palestiniens » étant avant 1967 sous contrôle jordanien ou égyptien.

 

GUERRE DE KIPPOUR

La Guerre de Kippour ou guerre israélo-arabe de 1973 opposa, du 6 octobre au 24 octobre 1973, Israël à une coalition menée par l'Égypte et la Syrie.

Le jour du jeûne de Yom Kippour, férié en Israël, qui coïncidait avec la période du Ramadan, les Égyptiens et les Syriens attaquèrent par surprise simultanément dans la péninsule du Sinaï et sur le plateau du Golan, territoires respectivement égyptien et syrien occupés par Israël depuis la guerre des Six Jours. Profitant d'une supériorité numérique écrasante, les armées égyptiennes et syriennes avancèrent durant 24 à 48 heures, le temps qu'Israël achemine des renforts.

En une semaine, Israël retrouva son potentiel militaire et lança des contre-offensives qui lui permirent de pénétrer profondément en Syrie et de traverser le canal de Suez pour progresser au sud et à l'ouest en Égypte lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies en coopération avec les deux superpuissances par l'intermédiaire du Royaume-Uni demanda un cessez-le-feu pour laisser place aux négociations. Alors que les armées israélienne et égyptienne se regroupaient, les combats reprirent sur les fronts syriens et égyptiens après l'heure du cessez-le-feu sur initiative israélienne. Sans en référer à l'état-major, les officiers de terrain israéliens se servirent de cette rupture du cessez-le-feu pour encercler l'adversaire.

Pour le monde en général, la principale conséquence de cette guerre fut le choc pétrolier de 1973, quand l'OPEP décida de l'augmentation de 70 % du prix du baril de pétrole ainsi que de la réduction de sa production.

Cela donnera naissance aux Accords de Camps David en 1978.

Le premier accord fixait un cadre pour la paix au Proche-Orient et comportait trois parties:

la première partie, qui devait poser les principes des futures négociations sur le sort de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, aurait dû déboucher sur une autonomie transitoire de cette nouvelle entité, dans le respect de la Résolution 242 (1967). Elle a été jugée moins claire que le second accord et fut plus tard interprétée différemment par Israël, l'Égypte et les États-Unis. Elle ne sera ainsi jamais appliquée.

la deuxième partie était un préambule au second accord, concernant les relations diplomatiques entretenues entre Israël et l'Égypte.

la troisième partie déclarait certains principes qui auraient dû s'appliquer aux relations entre Israël et les autres pays arabes. Elle resta lettre morte.

Le second accord concernait quant à lui la conclusion d’un traité de paix entre les deux pays dans les six mois suivants. Celui-ci fut signé le 26 mars 1979 à Washington et permit à l’Égypte de récupérer le Sinaï en 1982 après le retrait complet de l'armée israélienne et le démantèlement de certaines implantations juives comme à Yamit. En contrepartie, Israël obtint une normalisation des relations diplomatiques israélo-égyptiennes et des garanties sur la liberté de circulation sur les voies d'eau du canal de Suez et du détroit de Tiran.

La perception que les Arabes avaient de l'Égypte changea après la signature de ces accords. L'Égypte, qui avait porté le leadership parmi les pays arabes à l'époque de Nasser, se retrouva isolée pour n'avoir pas mis davantage en avant les intérêts arabes. L'Égypte fut également exclue de la Ligue arabe de 1979 à 1989.

 

GUERRE DU LIBAN

Après la guerre des Six Jours et l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza par Israël en 1967, puis la terrible répression jordanienne contre les fedayins palestiniens en septembre 1970 — connu sous le nom de Septembre noir —, la résistance palestinienne au Liban devient le foyer du sentiment panarabe et révolutionnaire. De nombreux jeunes Libanais de toutes confessions, venus des mouvements de gauche, suivent l'enseignement militaire et idéologique des camps palestiniens, tandis que l'hostilité envers les Palestiniens s'étend dans la droite maronite.

Les camps de réfugiés servent de base d'entrainement militaire, et plusieurs centaines de fedayins lancent des opérations commando contre la frontière nord d'Israël, ou même des actions terroristes à l'étranger. Face à la résistance qui s'organise, Israël multiplie les opérations en territoire libanais.

Après deux décennies de montée des tensions communautaires, la guerre civile éclate.
Le 13 avril 1975, des membres du Parti social nationaliste syrien (souhaitant le rattachement du Liban à la « Grande Syrie »), tuent le garde du corps de Pierre Gemayel, fondateur du parti Kataëb (ou parti phalangiste). Les Phalangistes (miliciens chrétiens maronites) ripostent immédiatement et tuent 27 passagers d’un autobus, pour la plupart palestiniens. La spirale de la violence se met en place. Une véritable guérilla urbaine, faite d’assassinats, d’embuscades, d’actions coup de poing ou de batailles rangées, embrase Beyrouth, puis le reste du pays.
A la demande du camp chrétien, les Syriens renversent leur alliance et envoient des troupes au Liban à partir de juin 1976. En novembre 1976, l’armée syrienne atteint Beyrouth.
Dans les alentours de Beyrouth, la situation devient critique. Les Phalangistes attaquent les camps de réfugiés palestiniens, comme ceux de Karantina (janvier 1976) et Tel al-Zaatar (août 1876). En guise de représailles, les Palestiniens massacrent des habitants chrétiens, comme ceux de Damour le 20 janvier 1976.
Les camps de réfugiés servent de base pour les combattants de l’Organisation de Libération de la Palestine. Celle-ci est bien implantée dans le Sud-Liban et attaque régulièrement le Nord d’Israël.

 

Le massacre de Sabra et Chatila — deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest — a été perpétré du 16 au 18 septembre 1982 lors de la Guerre du Liban. Les deux camps étaient encerclés par l'armée israélienne, qui y envoya les phalangistes afin d'en extraire des combattants palestiniens présumés présents.

Il fit selon les rapports entre 700 et 2 000 morts parmi des civils palestiniens.

À la suite de l'émotion provoquée aussi bien au niveau international qu'israélien, une commission d'enquête, la Commission Kahane, fut chargée par le gouvernement israélien d'enquêter sur le massacre. Elle conclut à la responsabilité directe des Phalangistes et à la responsabilité indirecte de plusieurs dirigeants israéliens lors de la conduite de cette opération. En 1982, une Commission indépendante menée par Sean McBride considère Israël comme « directement responsable du massacre du fait de sa position d'occupant ».


Israël se sent menacé par les forces palestiniennes réfugiées au Sud-Liban. En mars 1978, l’Etat hébreux lance l’« Opération Litani », visant à créer une zone de sécurité au Sud-Liban. L’armée israélienne envahit le Liban jusqu’au fleuve Litani, ce qui provoque le départ de nombreux Palestiniens. Cette opération est condamnée par l’ONU. Israël doit se retirer, et le Sud-Liban est occupé par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
 

• 1982 : l’opération « Paix en Galilée » et ses conséquences

 

Israël souhaite d’une part éliminer définitivement la résistance palestinienne au Liban, et d’autre part favoriser l’accession au pouvoir du maronite Bachir Gemayel, qui a promis de signer un traité de paix libano-israélien. Le 6 juin 1982, l’opération « Paix en Galilée » débute. Les Israéliens occupent rapidement le Sud-Liban, puis ils combattent l’armée syrienne dans le Chouf et le Sud-Bekaa, la repoussant dans le Nord du pays. Un cessez-le-feu est signé le 11 juin avec la Syrie.
Les Israéliens poursuivent leur avancée et bombardent Beyrouth-Ouest, où se sont repliés les combattants palestiniens. Ils atteignent Beyrouth le 14 juin, rejoignant les Forces Libanaises, dont Gemayel a exigé qu’elles ne combattent pas pour ne pas le discréditer auprès des autres communautés.

La Force Multinationale envoyée par l’ONU évacue les combattants de l’OLP à partir du 21 août, puis quitte le pays le 13 septembre.
Mais les événements vont tourner au drame. Bachir Gemayel, élu président le 23 août, est assassiné le 14 septembre, alors qu’il avait annoncé la réconciliation nationale. Les forces libanaises, contre leur promesse, entrent dans Beyrouth-Ouest et massacrent les civils palestiniens réfugiés dans les camps de Sabra et Chatila, sous les yeux des troupes israéliennes, du 16 au 18 septembre 1982. Ce massacre entraine le retour de la Force multinationale de l’ONU à Beyrouth.

Les lieux de conflits se multiplient. En 1983, dans les montagnes du Chouf, évacuées par l’armée israélienne, une guerre s’engage entre les forces druzes soutenues par les Syriens et les Forces libanaises chrétiennes, soutenues par la Force multinationale de l’ONU. Les druzes de Walid Joumblatt emportent finalement cette « guerre de la montagne » et la Force multinationale est critiquée pour son soutien apporté aux chrétiens. Elle en subit d’ailleurs les représailles : en octobre 1983, un attentat revendiqué par le Jihad islamique tue 241 soldats américains et 58 soldats français. La Force multinationale quitte définitivement le Liban en février 1984.

Israël, voyant la guérilla s’intensifier à son encontre, décide de se retirer du Liban, de janvier à juin 1985. Elle conserve toutefois une « zone de sécurité » de 20 km de large au Sud-Liban, contrôlée par Tsahal et par la milice de l’Armée du Liban Sud.
Les forces israéliennes et syriennes s’étant retirées aux confins du territoire libanais, l’espace est libre pour l’affrontement des milices. A partir de mai 1985, les chiites d’Amal, soutenus par la Syrie, entreprennent d’éradiquer les vestiges de l’OLP restants au Liban. Ainsi s’ouvre la « guerre des camps », qui durera jusqu’en 1987, au cours de laquelle Amal assiège les camps et tue des civils. Ainsi, le camp de Sabra est totalement détruit, Chatila l’est à 85% et Bordj el Barajneh (Sud de Beyrouth), à 50%. Déplorant cette guerre inter-arabe, des membres d’Amal passent au Hezbollah, milice nouvellement créée, pilotée par l’Iran et faisant de la lutte contre Israël son objectif principal.
Avec la « guerre des camps », Amal a étendu son emprise sur Beyrouth. Mais il se heurte dans cette entreprise à la milice druze de Joumblatt. Amal va même jusqu’à s’opposer à son frère chiite du Hezbollah, qui souhaite la poursuite de la lutte contre Israël, alors qu’Amal veut l’arrêt des combats et l’éradication de l’OLP. Ainsi, des combats opposent Amal et le Hezbollah au Sud du Liban et en banlieue de Beyrouth.
 

Le Liban devra se reconstruire sous la tutelle de Damas. Les troupes syriennes ne se retireront du pays qu’en 2005.

 

 

En 1976, le Liban, l’OLP et les principales nations arabes tiennent une conférence à Riyad pour régler la guerre civile Libanaise. Après l’appel du président libanais Frangié, l’armée syrienne est intervenue pour occuper le Liban et soutenir les chrétiens.

En 1978, alors qu’arabes et chrétiens s’entredéchirent, Israël décide de mettre en place une zone tampon au sud Liban pour se protéger des attaques des feddayins palestiniens. L’opération prend le nom de Litani car Jérusalem veut occuper et contrôler les terres qui se situent au sud du fleuve et en faire une zone de sécurité. Les réactions internationales sont vives et le Conseil de sécurité de l’ONU réclame dès le 19 mars le retrait des troupes israëliennes dans la résolution 425. Finalement, Tsahal se retirera en juin

En juin 1982, En retrait dans la guerre civile et dans la politique du Liban en général, partagés entre sunnites et maronites, les chiites forment un nouveau parti avec le Hezbollah. Créé en réaction à l’invasion israélienne, celui-ci se pensera avant tout comme une organisation militaire de résistance au pays hébreu. Soutenu par l’Iran et la Syrie, le "parti de Dieu" s’imposera assez rapidement dans la région comme une force avec qui compter. Il sera considéré comme une organisation terroriste par certaines puissances occidentales, notamment parce que sa stratégie est faite d’attentats et de prise d’otages.

La même année, alors que les Etats-Unis ont obtenu un cessez-le-feu entre Israël et l’OLP et qu’une force multinationale contrôle le départ des Palestiniens, les Libanais voient leur nouveau président de la République assassiné trois semaines après son élection. Immédiatement, Israël réagit en occupant une partie de Beyrouth, rompant ainsi le cessez-le-feu. La responsabilité est certainement syrienne, mais les Palestiniens paieront cet acte lors du massacre de Sabra et Chatila.

Le 17 mai 1983, Israël et le Liban concluent un accord de paix, notamment grâce à l’action diplomatique menée par les Etats-Unis en la personne de George Schultz. Mais cet accord n’est reconnu ni par l’OLP, ni par la Syrie, ni par l’URSS. En fait il n’aura aucun effet, et sera annulé par le gouvernement libanais le 5 mars 1984. Quant aux troupes israéliennes, elles quitteront le Liban en 1985 et stationneront encore dans le sud jusqu'en 2000.

 

RESISTANCE

LE FATAH

Fondé en 1959 au Koweït par Yasser Arafat, le Fatah (acronyme en arabe de Mouvement de libération nationale) réunit plusieurs groupements de résistance palestinienne.

Le Fatah a pour doctrine l’indépendance de la Palestine (alors que le contexte était à l’époque celui de l’union arabe dans laquelle la Palestine serait intégrée), la lutte contre l’Etat hébreu et l’indépendance par rapport aux Etats arabes. Le Fatah a pour inspiration le FLN algérien, qui lui apporte son aide, et est composé de Palestiniens vivant dans les Etats du Golfe.

La création de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) le 28 mai 1964 pousse le Fatah à l’action. L’organisation s’installe en Syrie et également de façon clandestine au Liban. Le 31 décembre 1964, le Fatah lance à partir du Liban une action armée contre Israël, mais elle échoue. Une autre se déroule le 1er janvier 1964, mais elle échoue également. En février, le Fatah lance une attaque à partir de la Cisjordanie contre des intérêts agricoles israéliens. D’autres attaques et sabotages suivent, à partir de la Cisjordanie. La réaction israélienne est immédiate contre le Fatah, mais également contre la Jordanie, d’où partent les attaques (Cisjordanie). Les actions du Fatah se poursuivent néanmoins. Cette même année, les responsables du Fatah nouent des relations avec des pays étrangers : avec l’Algérie, l’URSS, la Chine où Arafat se rend en mars 1964, et la Corée du nord.

Fin 1965, les Etats arabes expriment leur hostilité au Fatah, notamment l’Egypte, la Jordanie et le Liban, inquiets des actes de résistance du Fatah et de leur responsabilité qui selon Israël, est engagée. En revanche, la Syrie, où est installé le Fatah, ainsi que l’Algérie, continuent à aider l’organisation. En 1966, les relations évoluent entre la Syrie et le Fatah de Yasser Arafat. Ce dernier est emprisonné à la suite de la prise de pouvoir en février 1966 par les baasistes, mais il est relâché et le Fatah obtient de la Syrie qu’elle continue à lui apporter son aide. Le soutien de la Syrie au Fatah a pour conséquence le durcissement des relations avec Israël. Le cycle violence-représailles se poursuit entre la Syrie et Israël à l’été 1966. En parallèle, le Fatah continue ses actions contre Israël, à partir de la Cisjordanie. Ces actes entrainent les représailles israéliennes contre la Jordanie, en dépit de l’interdiction de la Jordanie faite au Fatah d’agir à partir de son territoire. Le village de Samu en Jordanie, soupçonné de cacher des membres du Fatah est ainsi attaqué par l’armée israélienne le 13 novembre. En 1967, en dépit de la prise de position du roi Hussein de Jordanie contre le Fatah, ce dernier poursuit ses attaques contre Israël à partir de la Cisjordanie, faisant craindre aux Jordaniens les représailles d’Israël. Mais les responsables israéliens changent leur stratégie et décident d’attaquer la Syrie en cas de nouvelle opération du Fatah. Le 7 avril 1967, l’aviation israélienne bombarde des positions syriennes, entrainant la riposte de l’aviation syrienne.

A la suite de la guerre des six jours, le Fatah décide le 20 août 1967 de mener des actions de résistance à l’intérieur des territoires occupés par Israël (Cisjordanie et Bande de Gaza), qui sont réprimées par Israël. Le Fatah, dont les membres actifs sont estimés à environ 500 à la fin 1966, voit sa notoriété grandir à partir du 21 mars 1968, à la suite de la victoire de Karameh. Ancien camp, Karameh est devenu une ville de la résistance palestinienne. Celle-ci est attaquée par les Israéliens, mais le Fatah résiste et garde la ville. Suite à cette victoire, les membres du Fatah passent à environ 3 000. En juillet 1968, le quatrième Congrès national palestinien se réunit, et décide que les organisations de résistance palestiniennes, dont le Fatah, intègrent dorénavant l’OLP. La Charte adoptée en 1964 est amendée, l’accent étant mis sur la lutte armée afin de libérer la Palestine. Le Fatah est majoritaire au sein de l’OLP, et Yasser Arafat en devient le président lors du cinquième Congrès national palestinien qui se tient du 2 au 4 février 1969. Les relations entre le Fatah et l’OLP sont souvent tendues, le Fatah étant partisan de l’action armée et l’OLP d’une solution politique.

A la suite de Septembre noir (opération de l’armée jordanienne contre la résistance palestinienne installée en Jordanie), des membres du Fatah lancent des actions terroristes au sein de l’organisation qui prend le nom de Septembre noir. Parmi d’autres opérations, l’organisation assassine douze athlètes israéliens lors des jeux Olympiques de 1972 à Munich. Cette orientation terroriste prend fin sous la pression arabe. A la suite de l’opération Paix en Galilée, les relations se dégradent entre l’OLP et le Fatah, en raison des orientations politiques et diplomatiques de Yasser Arafat avec l’Egypte et avec la Jordanie. L’abrogation de l’accord entre l’OLP et la Jordanie en 1986 relance les relations avec le Fatah.

A partir de la fin des années 1990, plusieurs événements repositionnent le Fatah : la première intifada déclenchée en décembre 1987 et les accords d’Oslo de 1993 et de 1995, ainsi que les élections législatives du 20 janvier 1996 qui lui donnent 50 sièges sur 88. A partir de la seconde intifada commencée en septembre 2000, le Fatah mène des actions contre Israël. Yasser Arafat meurt à Paris le 11 novembre 2004 tandis que le Hamas se positionne sur la scène politique palestinienne par sa participation aux élections municipales de 2005 et par sa victoire aux élections législatives qui se tiennent le 26 janvier 2006 (le Hamas les remporte avec 76 sièges sur 132). Cette victoire sanctionne le Fatah et l’Autorité palestinienne, notamment leur gestion du processus de paix et les questions de sécurité. Le président de l’Autorité Mahmoud Abbas charge le chef de liste du Hamas aux législatives, Ismaël Haniyeh, de former le gouvernement, auquel le Fatah refuse de participer. Le gouvernement est donc formé par 18 ministres membres du Hamas et de 6 ministres indépendants.

Cette victoire entraine des difficultés avec la communauté internationale et avec Israël, et tend également les relations entre Hamas et Fatah. En décembre 2006, Mahmoud Abbas décide de nouvelles élections, mais aucun gouvernement d’union nationale n’est trouvé. En 2007, après plusieurs mois de difficultés, Mahmoud Abbas et le chef du bureau politique du Hamas Khaled Mechaal forment le 8 février un gouvernement d’union nationale qui devra « respecter les résolutions internationales et les accords signés par l’OLP » et mettre en place l’Etat palestinien en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Ismaïl Haniyeh reste Premier ministre. Mais le 11 mai, les affrontements reprennent entre Palestiniens à Gaza. Le 14 juin, le Hamas réussit à reprendre les positions détenues par le Fatah à Gaza.

A partir de ce moment, l’Autorité palestinienne ne s’exerce plus qu’en Cisjordanie, la Bande de Gaza étant sous l’autorité du Hamas. Mahmoud Abbas déclare alors l’Etat d’urgence, dissout le gouvernement et prépare la tenue de nouvelles élections. Mais le Premier ministre Ismaïl Haniyeh décide néanmoins de poursuivre sa mission à la tête du gouvernement. Mahmoud Abbas nomme un gouvernement d’urgence, avec à sa tête l’économiste Salam Fayyad, favorablement accepté par la communauté internationale et par Israël. A Gaza, les violences continuent en septembre entre les partisans de l’Autorité palestinienne et le Hamas, et débouchent sur une grève organisée par l’OLP.

Pendant l’année 2008, les violences se poursuivent dans la Bande de Gaza, entre le Fatah et le Hamas mais également entre Israël et le Hamas. Les relations inter-palestiniennes reprennent en février 2009, lors d’une conférence organisée au Caire les 25 et 26 février entre les responsables du Fatah et du Hamas. Le but de cette conférence est que les deux partis trouvent une entente, et qu’ils mettent en place un gouvernement d’union nationale. Une autre conférence est organisée à partir du 10 mars au cours de laquelle sont évoquées les questions de la réconciliation et la tenue d’élections législatives et présidentielles. Un nouveau gouvernement, auquel le Hamas refuse de participer, est nommé le 19 mai, avec à sa tête le Premier ministre Salam Fayyad. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas est également réélu lors du Congrès du Fatah réuni les 14 et 15 août à Bethléem, en Cisjordanie.

LE HAMAS

Mouvement de résistance palestinien, le Hamas qui signifie Mouvement de la résistance islamique est sunnite et appartient à la mouvance des Frères musulmans, dont il se scinde en 1987. En effet, dans les années 1980, alors que certains parmi les Frères musulmans ne souhaitent pas que le mouvement se politise, d’autres veulent agir contre Israël, par l’utilisation des armes. C’est notamment l’orientation prônée par le cheikh Ahmad Yacine, l’un des fondateur du Hamas et chef spirituel du mouvement. En 1987, dans le contexte de la première Intifada, le Hamas s’implante dans la Bande de Gaza.

L’idéologie, l’œuvre sociale et l’organisation du Hamas

L’idéologie du Hamas est la lutte contre l’occupation de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie par Israël, la reconquête de ces territoires mais également de ceux constituant l’Etat d’Israël. Une charte est adoptée le 18 août 1988, dans laquelle les revendications politiques sont annoncées, notamment la reprise des territoires palestiniens mais également la disparition de « l’entité sioniste ». Dès sa création, le Hamas se positionne dans la lutte armée contre Israël, alors que dans le même temps l’OLP connaît une évolution stratégique : acceptation par Yasser Arafat de la résolution 242 et donc reconnaissance de l’Etat d’Israël, proclamation de l’Etat palestinien le 15 novembre 1988 et annonce de la renonciation au terrorisme. Ces orientations sont refusées par une partie de l’OLP qui veut poursuivre la lutte armée contre Israël afin de reprendre toute la Palestine (y compris Israël), et qui rejoignent les rangs du Hamas.
A la différence de l’OLP qui est laïque, la dimension religieuse est essentielle pour le Hamas. Ainsi, la réislamisation de la société palestinienne est essentielle afin de résister à Israël, de reconquérir toute la Palestine et d’y instaurer la Charia. Les mosquées, les écoles, les centres caritatifs sont ainsi les vecteurs de la diffusion des principes de l’islam, susceptibles de toucher toute la société. Les principes de l’islam sont réaffirmés : ramadan, prière quotidienne, aumône, port du voile. Dans le domaine économique également, il est rappelé qu’il ne faut pas commercer avec Israël, ni payer les taxes à Israël.
Le Hamas est investi dans les réseaux sociaux, éducatifs et humanitaires, comme les Frères musulmans : écoles, mosquées, hôpitaux, aide aux étudiants dans le cadre universitaire, formations professionnelles pour les adultes et aide à l’emploi. Une aide est également donnée aux plus nécessiteux, notamment aux familles de ceux ayant fait des attentats-suicides. Des fonds sont donnés au Hamas par les Etats du Golfe et par l’Arabie saoudite ainsi que par la communauté internationale dans le cadre du processus de paix et de l’aide apportée à la Palestine. La communauté internationale gèle néanmoins son aide au Hamas à la suite de sa victoire aux élections législatives de 2006 et de sa prise de contrôle de la Bande de Gaza.
Sur le plan politique, le Hamas est organisé en deux entités : l’une s’occupe l’intérieur, c’est-à-dire de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie, l’autre s’occupe de l’extérieur et est basée en Syrie. Ces deux entités sont les organes de décision. Le directeur du bureau politique pour l’extérieur est Khaled Mechaal. Sur le plan militaire, une branche est également organisée depuis 1992, indépendante du bureau politique, appelée les Brigades du martyr Ezzedine al-Qassam.

Le Hamas et l’Autorité palestinienne dans le contexte du processus de paix

Dans cette logique de la reprise de toute la Palestine, le processus de paix est refusé par le Hamas, notamment les accords d’Oslo négociés entre l’OLP et Israël en 1993. Mais cette opposition au processus de paix n’est pas partagée par la population palestinienne, qui aspire à la paix. La position du Hamas à l’égard du processus de paix soulève également la question de ses relations avec l’Autorité palestinienne et avec le Fatah : l’Autorité palestinienne mène des arrestations dans les milieux islamistes, ayant pour conséquence des heurts entre partisans du Hamas et du Fatah. Dans les années 1996, un dialogue s’amorce entre le Hamas et l’Autorité palestinienne, et le Hamas décide de renoncer à la violence contre Israël. L’assassinat d’un haut responsable du Hamas par Israël cette même année remet en cause ces avancées, le Hamas menant des opérations de représailles contre Israël, ce qui relance la répression de l’Autorité palestinienne contre le Hamas. A partir de 1997, le dialogue interpalestinien reprend néanmoins, mais le déclenchement de la seconde intifada en 2000 et la difficulté de mettre en place un cessez-le-feu complique la tâche du nouveau président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Plusieurs événements, durement ressentis par la population, profitent au Hamas : les difficultés interpalestiniennes, le discrédit qui commence à toucher l’Autorité palestinienne dans le contexte de la difficile mise en place des accords d’Oslo. La population se rapproche des idées émises par le Hamas, qui estime qu’Israël ne souhaite pas la paix et ne veut pas faire de concessions territoriales (dès 2001, réoccupation militaire par Israël de territoires placés sous l’autorité palestinienne lors des accords d’Oslo et construction dès 2002 du mur de séparation israélien en Cisjordanie). Sur le plan stratégique, le départ de l’armée et des colons israéliens de la Bande de Gaza à l’été 2005 laisse l’opportunité au Hamas de s’y implanter, d’autant plus que ce départ est vécu comme un succès palestinien sur Israël.

La lutte armée contre Israël

A la suite des accords d’Oslo, le Hamas lance des attaques contre Israël. Son mode de fonctionnement est celui des attaques suicides, afin de protester contre l’occupation d’Israël mais également contre le processus de paix lancé à Oslo. Les cibles sont les intérêts israéliens dans l’Etat hébreu. A partir de la seconde intifada, les attentats suicides se multiplient. Le but est de montrer la capacité du Hamas à nuire à Israël, par des attaques contre des civils, et à augmenter le climat d’insécurité en Israël.

L’implantation politique du Hamas à partir de 2005

Le départ de l’armée et des colons israéliens de la Bande de Gaza pendant l’été 2005 donne l’occasion au Hamas d’y prendre pied politiquement. Depuis les accords d’Oslo et le processus de paix engagé avec Israël, le Hamas refuse de participer à la mise en place des institutions palestiniennes décidée lors des accords d’Oslo : les membres du Hamas ne participent ainsi pas aux élections législative et présidentielle du 20 janvier 1996. Suite au décès de Yasser Arafat le 11 novembre 2004, des élections présidentielles sont organisées le 9 janvier 2005 et portent Mahmoud Abbas au pouvoir. Le Hamas ne présente aucun candidat à ces élections.
Mais la situation change à la suite de l’élection de Mahmoud Abbas à la tête de l’Autorité palestinienne, qui décide de mener une politique de démocratisation des institutions palestiniennes, par la tenue d’élections municipales et législatives. De son côté, le Hamas évolue : le boycott politique mené depuis les accords d’Oslo est remplacé par la volonté de participer à la vie politique palestinienne et à la transformation du mouvement en parti politique. Le Hamas participe ainsi aux élections municipales de 2005 (elles se déroulent en plusieurs étapes : 36 localités de Cisjordanie et de la Bande de Gaza votent le 23 décembre 2004 en Cisjordanie et le 27 janvier dans la Bande de Gaza ; les autres localités votent le 5 mai, le 29 septembre et le 15 décembre). Le Hamas remporte les municipales et décide de participer aux élections législatives qui se tiennent le 26 janvier 2006. Le Hamas les remporte avec 76 sièges sur 132. Cette victoire s’explique par la sanction des électeurs à l’encontre de l’Autorité palestinienne et du Fatah, notamment leur gestion du processus de paix et les questions de sécurité. Le président de l’Autorité Mahmoud Abbas charge ainsi le chef de liste du Hamas aux législatives, Ismaël Haniyeh, de former le gouvernement, auquel le Fatah refuse de participer. Le gouvernement est donc formé par 18 ministres membres du Hamas et de 6 ministres indépendants.

Le Hamas, le Fatah et Israël

Sur le plan international, la victoire du Hamas entraine la fin des aides financières et économiques, mais le Quartet (USA, ONU, Union européenne, Russie) décide d’apporter une aide à la population, dans les domaines de la santé et de l’éducation. Certains Etat se désolidarisent néanmoins de la décision d’ostraciser le Hamas, comme la Russie en mars 2006 et comme l’Iran. Pour Israël, cette élection est durement vécue, car le Hamas refuse de le reconnaître. Elle entraine la fin du versement des taxes par Israël à l’Autorité palestinienne. Le 25 juin, à la suite d’un raid israélien dans le sud de la bande de Gaza, les Palestiniens enlèvent le soldat israélien Gilad Shalit. S’en suit l’opération israélienne appelée Pluie d’été menée contre les intérêts palestiniens dans le sud de la bande de Gaza. Des membres du Hamas sont arrêtés par l’armée israélienne, dont des ministres et des responsables politiques. Les Israéliens entrent également dans le nord de Gaza, d’où sont tirées des roquettes contre Israël.
Outre les difficultés du Hamas avec la communauté internationale et Israël, les relations entre Hamas et Fatah sont également tendues. En décembre 2006, Mahmoud Abbas décide de nouvelles élections, mais aucun gouvernement d’union nationale n’est trouvé. En 2007, après plusieurs mois de difficultés, Mahmoud Abbas et le chef du bureau politique du Hamas Khaled Mechaal forment un gouvernement d’union nationale le 8 février, et Ismaïl Haniyeh reste Premier ministre. Les relations sont toujours difficiles avec Israël, qui maintient sa politique envers le Hamas et refuse de coopérer avec lui tant que les conditions de la feuille de route (reconnaissance d’Israël et fin de la violence) ne seront pas respectées, et les affrontements reprennent tant dans la bande de Gaza qu’en Cisjordanie. En mai, alors que les tirs de roquette se poursuivent de la bande de Gaza vers Israël, l’armée israélienne bombarde les positions du Hamas à Gaza le 17. Les affrontements reprennent également entre Palestiniens le 11 mai à Gaza et se poursuivent en direction d’Israël. Le 14 juin, le Hamas réussit à reprendre les positions détenues par le Fatah à Gaza.
A partir de ce moment, l’Autorité palestinienne ne s’exerce plus qu’en Cisjordanie, la Bande de Gaza étant sous l’autorité du Hamas. Mahmoud Abbas déclare alors l’Etat d’urgence, dissout le gouvernement et prépare la tenue de nouvelles élections. Dans ce contexte de très vive tension, l’Etat hébreu déclenche le 27 décembre 2008 l’opération « plomb durci » dont le but est de faire cesser les tirs de roquette touchant le sud d’Israël. Le cessez-le-feu est décidé le 18 janvier par Israël, mais il est refusé par le Hamas. Ce dernier accepte néanmoins de mettre en place une trêve d’une semaine, le temps que l’armée israélienne se retire de Gaza, ce qui est fait le 20 janvier. Le bilan de la guerre s’élève du côté palestinien à 1300 tués dont 420 enfants et à 5300 blessés.
Sur le plan intérieur, les relations inter-palestiniennes reprennent en février 2009, lors d’une conférence organisée au Caire les 25 et 26 février entre les responsables du Fatah et du Hamas. Le but de cette conférence est que les deux partis trouvent une entente, et qu’ils mettent en place un gouvernement d’union nationale. Un nouveau gouvernement, auquel le Hamas refuse de participer, est nommé le 19 mai, avec à sa tête le Premier ministre Salam Fayyad. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas est également réélu lors du Congrès du Fatah réuni les 14 et 15 août à Bethléem, en Cisjordanie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PREMIERE INTIFADA

La première Intifada, appelée également guerre des pierres, est un soulèvement général et spontané, qui a débuté le 9 décembre 1987, de la population palestinienne contre l'occupation israélienne. Elle a atteint son paroxysme en février lorsqu'un photographe israélien publie des images qui font le tour du monde montrant des soldats israéliens « molestant violemment » des Palestiniens suscitant ainsi l'indignation de l'opinion publique; elle a pris fin en 1993 lors de la signature des accords dits d'Oslo.

 

Le 8 décembre 1987, un camion israélien écrase une voiture palestinienne tuant quatre Palestiniens. La radio diffuse la nouvelle sans insister car il s'agit d'un accident ordinaire. Une rumeur fait surface selon laquelle il s'agit d'un acte de vengeance commis par un parent de l'Israélien poignardé deux jours plus tôt. Les Palestiniens y voient un accident provoqué intentionnellement et un meurtre prémédité.

Le lendemain, pendant les funérailles des victimes, la foule s'en prend à une position militaire de Tsahal au camp de réfugiés de Jabaliya en lançant des pierres. Des coups de feu sont tirés par les soldats mais cela n'a aucun effet sur la foule. Des renforts sont appelés, mais ceux-ci se retrouvent sous un déluge de pierres et de cocktails Molotov. Cet événement est considéré comme le début de la première Intifada. Cependant, la première Intifada est le résultat de l'accumulation de plusieurs facteurs.

Plusieurs officiers de la compagnie de Jabaliya se réunissent à l'avant-poste attaqué. Les réservistes, impressionnés par l'intensité de l'émeute, demandent du renfort mais le commandement du secteur répond « Il ne se passera rien ! » et ajoute « Ils vont se coucher, puis ils partiront travailler demain matin à l'aube, comme d'habitude ». Aucun renfort n'est alors demandé et aucun couvre-feu n'est instauré.

Mais le lendemain les troubles recommencent. La majorité des résidents ne se rendent pas au travail et les étudiants de l'université islamique de Gaza parcourent les rues pour appeler la population à la révolte. Pour disperser la foule, les soldats sortent pour faire étalage de leur force mais ils se retrouvent sous une pluie de pierres accompagnées par des huées de la foule.

L'Intifada n'est pas le résultat de la seule mort des quatre Palestiniens mais elle naît de l'accumulation de plusieurs facteurs :

Sur le plan personnel, la population vit mal l'occupation israélienne. Après la guerre des Six Jours de 1967, le marché du travail israélien s'ouvre aux Palestiniens, permettant l'essor de l'économie locale et du niveau de vie. Toutefois, cette situation ne dure pas longtemps, les Palestiniens étant sujets à des humiliations quotidiennes, tandis que les conditions de travail se dégradent. Pour le même travail, ils sont payés deux fois moins que leurs collègues israéliens, de plus, ils ont besoin d'autorisations difficiles à obtenir pour se déplacer et travailler. Enfin, des fouilles quotidiennes sont effectuées même dans leurs domiciles.

Sur le plan territorial, Jérusalem est réunifié par Israël et est déclarée sa capitale « éternelle et indivisible ». L'accès à l'esplanade des Mosquées et aux lieux saints musulmans est réglementé. Des terres sont annexées pour assurer le statut de Jérusalem comme capitale indivisible et pour créer des colonies qui ont pour but de garantir des frontières sûres. Les sources d'eau de la bande de Gaza et de la Cisjordanie sont détournées au profit des colonies israéliennes et au détriment des Palestiniens.

Sur le plan politique, la direction palestinienne en exil est accusée de ne pas prendre suffisamment en compte les besoins de la population. La politique de l'OLP à Tunis repose sur la création d'un axe Le Caire-Amman pour assurer la sécurité d'Arafat, ce qui ne régle pas les problèmes des Palestiniens ou même des réfugiés.

Sur le plan arabe, les Palestiniens sont confrontés au désintéressement progressif des chefs d'État arabes pour leur cause. Lors des sommets de la Ligue arabe, la question palestinienne est classée en bas de la liste des priorités. Même quand les dirigeants arabes s'intéressent à la question palestinienne, ils n'ont aucune solution à proposer.

 

 

SECONDE INTIFADA

Le 13 septembre 1993, l’accord d’Oslo lance le processus de paix. Cet accord est considéré comme mettant fin à la première intifada. La seconde intifada se déclenche peu de temps après le sommet de Camp David II, organisé sous l’égide du président américain Bill Clinton du 11 au 24 juillet 2000, réunissant le Premier ministre israélien Ehoud Barak et le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat. Ce sommet échoue, en raison de divergences sur le statut de Jérusalem-Est et sur la question des réfugiés palestiniens. L’échec de Camp David laisse en outre penser que l’Autorité palestinienne est impuissante à mettre fin à l’occupation israélienne. La visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées déclenche les événements. Les Palestiniens, dont les conditions de vie quotidienne sont de plus en plus précaires depuis la mise en place de la période intérimaire décidée dans les accords d’Oslo, comprennent cette visite comme une provocation. L’Esplanade des Mosquées est ainsi appelée par les musulmans. Les juifs nomment cet espace Esplanade du Temple. C’est un lieu saint pour ces deux religions. Depuis le VII ème siècle, l’Esplanade comprend la mosquée al-Aqsa ainsi que le dôme du Rocher. Ce lieu est géré par les autorités musulmanes, qui décident en 1999 d’y effectuer des travaux, afin d’y construire de nouveaux lieux de culte. Cette décision provoque la réaction des Israéliens, pour lesquels l’Esplanade abrita le premier temple, puis le second temple de Jérusalem. Certains rabbins demandent notamment le droit d’y prier ainsi que la possibilité d’y construire une synagogue. Ces demandes provoquent des mouvements défendant la mosquée al-Aqsa.

La visite d’Ariel Sharon le 28 septembre sur l’esplanade permet de montrer que les Juifs ont le droit d’y prier. Dans ce contexte très tendu, sa venue est l’élément déclencheur de l’intifada.

Le lendemain, à la suite de la prière du vendredi à la mosquée al-Aqsa, des Palestiniens lancent des pierres contre la police israélienne, en signe de protestation à la visite d’Ariel Sharon. La police intervient contre les manifestants, faisant des centaines de blessés et 7 morts. Dans les jours qui suivent, les affrontements s’étendent, touchant la Cisjordanie et la Bande de Gaza.

L’insurrection palestinienne est armée et conduite par des activistes opposés au processus d’Oslo (certains membres de l’OLP, du FPLP, du FDLP, du Hamas, du Djihad islamique), mais également par les cadres de la première intifada, qui considèrent les accords d’Oslo comme le résultat de leur lutte, et qui sont majoritairement membres du Fatah. Ce mouvement est secondé par des groupes armés, le Tanzim et les Brigades des martyrs d’al-Aqsa créées en 2001. Leur mode d’action est la violence contre Israël, afin de parvenir au retrait militaire d’Israël puis à la proclamation d’un Etat indépendant. Marwan Barghouti, cadre du Fatah, prend la tête du mouvement.