L'Apartheid

Définition juridique du mot  "apartheid" : "régime institutionnalisé d'oppression systématique et de  domination d'un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous  autres groupes raciaux et dans l'intention de maintenir ce régime".

On dénonce parfois l'illégalité et la violence de l'occupation  israélienne en Palestine. On oublie souvent d'en dénoncer le caractère  raciste qui la rapproche par de nombreux points de l'occupation des  Blancs en Afrique du Sud, à commencer par son origine coloniale.  Pourtant on peut également parler d'un « Apartheid israélien » puisque,  d'après la définition de l'ONU c'est « un système de ségrégation et de  discrimination raciale institutionnalisées, dans le but d'établir et de  maintenir la domination d'un groupe racial sur un autre, et de  l'opprimer systématiquement » (résolution 3068 qu'une poignée de pays  dont la France, Israël et les Etats-Unis ont refusé de ratifier). Le  racisme de l'Etat israélien résulte de l'idéologie sioniste dont  l'objectif est d'assurer la suprématie juive en Palestine.

En Israël

Sur le territoire israélien actuel, un million et demi de  Palestiniens (20% de la population) vivent comme des citoyens de  deuxième classe où ils subissent des discriminations. Ils sont  défavorisés dans la législation de la nationalité et du mariage, dans  l'accès aux ressources de travail, syndicales, culturelles, de santé,  d'éducation et même aux permis de construire qu'ils n'obtiennent presque  jamais. Afin d'annexer le Golan syrien en 1967, 95 % de sa population  en a été expulsée. Plus d'une centaine de villages Palestiniens d'Israël  ne sont pas reconnus et, par conséquent, ne reçoivent aucun service.  Les Palestiniens citoyens d'Israël ne peuvent pas, selon la loi  israélienne, posséder des propriétés sur 93 % du territoire qui est  exclusivement réservé aux Juifs, israéliens ou d'ailleurs.

En Cisjordanie

Dans les territoires occupés depuis 1967, plus de 18 000 maisons  palestiniennes ont été détruites pour permettre aux colonies  israéliennes de s'étendre. Plus d'un million d'oliviers et autres arbres  fruitiers ont été arrachés. C'est l'armée israélienne qui contrôle  l'eau de Cisjordanie, en confisque plus de 80 % et revend le reste aux  Palestiniens 4 fois son prix.

Aucun droit ne régit le travail des Palestiniens en Cisjordanie, qui  ne connaît ni salaire minimum, ni âge minimum, ni maxima horaires. Les  Palestiniens vivent sous l'arbitraire de la juridiction militaire qui  peut les mettre en prison sans inculpation, leur faire subir des  punitions collectives, des confiscations de terres, des couvre-feux de  plusieurs jours, des assassinats ciblés ou des bombardements. Plus de  11.000 Palestiniens croupissent aujourd'hui dans les prisons  israéliennes, dans lesquelles de nombreux cas de torture sont dénoncés.

La Cisjordanie est divisée en dizaines de « Bantoustans » isolés  entre lesquels il n'est pas possible de circuler sans autorisation  israélienne, délivrée arbitrairement dans l'un de ses 600 « Check  Points ». Les Palestiniens ne peuvent emprunter les autoroutes reliant  les colonies, ni utiliser l'aéroport international de Tel Aviv. Le Mur  de séparation empêche physiquement des dizaines de milliers de  Palestiniens d'accéder à leurs familles, lieux de travail, écoles,  universités ou hôpitaux.

A Gaza

Un million et demi de Palestiniens dans la bande de Gaza vivent un  cas extrême d'oppression systématique : blocus total, privation des  produits de première nécessité, bombardements fréquents et de plus en  plus violents (plus de 1400 morts en un mois en janvier 2009)...

Dans le monde entier

Près de six millions de Palestiniens vivent aujourd'hui en exil et  sont discriminés par l'impossibilité de rentrer dans leur pays. A  différents degrés, ce sont donc bien tous les Palestiniens (11 millions  de personnes, dont la moitié a le statut de Réfugié) qui vivent une  ségrégation quotidienne.

L'utilisation du mot "apartheid", pour qualifier la situation  qu'Israël impose aux Palestiniens, est souvent jugée excessive par le  grand public. Il s'avère pourtant que l'utilisation de ce terme est tout  à fait adaptée pour décrire et dénoncer le sort des Palestiniens.